Fédération de la Nièvre

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Intervention – meeting d’entre-deux tours du 4 mai

Mesdames, messieurs,

Chers amis, chers camarades,

 

En tant que secrétaire départemental du Parti Communiste, membre du Front de gauche, je suis ici pour donner la position très claire déterminée nationalement par les organisations du Front de Gauche, dès dimanche soir, et que notre candidat commun Jean-Luc Mélenchon, notre secrétaire national Pierre Laurent, ont relayée dans tout le pays, comme ils sont entrain de le faire en ce moment même à Paris, Place Stalingrad, pour un meeting national du Front de Gauche qui, d’après les informations que j’ai, tient toutes ses promesses.

 

Mesdames, messieurs, nous n’avons jamais été aussi proches d’un objectif qui a traversé toute notre action militante, toute notre activité politique, toutes les mobilisations auxquelles nous avons participé depuis 5 ans : tourner la page de la Présidence Sarkozy.

Cela fait 5 ans qu’avec d’autres, et avec un certain nombre d’entre vous dans cette salle, les militants communistes, avec le Front de Gauche, sont de TOUTES les mobilisations et de TOUTES les résistances face à la vaste entreprise de régression sociale voulue par N. Sarkozy : et depuis 5 ans nous n’avons jamais rien lâché, contre les fermetures de classe, contre le fichier EDVIGE, pour le droit à la retraite à 60 ans et à taux plein, pour les droits des sans-papiers, contre les licenciements boursiers, pour les moyens financiers de nos collectivités, contre la privatisation de La Poste, contre la fermeture de nos maternités et de nos services de chirurgie…

Et à ce moment, je pense à toutes celles et ceux qui, avec conviction, avec persévérance, ont résisté, parfois sous la pluie, parfois à quelques-uns devant la Préfecture, parfois aussi par dizaines de milliers dans la rue : votre opiniâtreté, notre opiniâtreté est en passe d’être récompensée : nous allons faire payer à N. Sarkozy les souffrances (et le terme est choisi), les souffrances qu’il nous a imposées depuis 5 longues années.

C’est vers cet objectif que tous nos efforts sont portés. C’est le combat commun qui nous anime dans cet entre deux tours, et c’est la raison de ma présence ici ce soir.

 

Notre appel, l’appel du Front de Gauche à battre « sans bavure » Nicolas Sarkozy et à voter pour François Hollande a été très clair, dès le soir du 1er tour.

Comme vous le savez, il ne s’agit en aucun cas d’un « ralliement » au programme porté dans cette élection par le Parti Socialiste. Le Front de Gauche porte un autre programme, intitulé « l’Humain d’abord », dont nous ne retirons pas une ligne.

Il ne s’agit pas non plus d’un blanc-seing donné à François Hollande. Il s’agit d’un appel, un appel à poser la première pierre de la reconstruction à gauche en débarrassant notre pays de N. Sarkozy, ce qui est le préalable à tout le reste, et un appel exigeant sur le contenu des politiques que la gauche devra mener une fois arrivée au pouvoir, un appel exigeant sur ce qu’il faudra, tout de suite, entreprendre pour que non seulement la gauche gagne, mais qu’elle réussisse.

Cette victoire de la gauche, nous allons l’arracher dimanche soir. La réussite de la gauche, il nous faudra la rendre possible. Et c’est tout le débat qui nous attend, à partir de lundi matin, dans la campagne des élections Législatives de juin, et dans les 5 ans qui viennent.

Car ce débat reste ouvert, et le très beau résultat du Front de Gauche dans cette élection présidentielle le montre : le peuple français veut donner du sens à la défaite de Sarkozy, et donner du sens à la victoire de la gauche :

Oui ou non, la gauche s’attaquera-t-elle aux pleins-pouvoirs des marchés financiers ?

Oui ou non, la gauche augmentera-t-elle le SMIC, les salaires, les minima sociaux ?

Oui ou non, la gauche rétablira-t-elle le droit à la retraite à 60 ans, pour tous et à taux plein, comme l’ont demandé par millions les manifestants à l’automne 2010 ?

Oui ou non, la gauche apportera-t-elle les réponses sociales et de dignité humaine pour permettre à de trop nombreux nivernais de sortir du piège de l’extrême-droite ?

Oui ou non, la gauche remettra-t-elle en cause les principes du Traité de Lisbonne qui envoie toute l’Europe dans le mur, comme l’ont demandé plus de 63% de nivernais en votant Non au référendum de mai 2005 ?

C’est toutes ces questions qui sont devant nous. Les réponses qui y seront apportées dépendront, entre autres, de la composition de la future Assemblée Nationale élue en juin prochain, où nous appelons à élire de très nombreux députés du Front de Gauche. Car de la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

La campagne l’a montré, et le résultat du Front de Gauche l’a montré, il y a une attente immense vis-à-vis de la gauche dans notre pays.

Et j’ajoute même, partout en Europe. Car nous n’affrontons pas seulement Sarkozy. Nous affrontons l’axe Sarkozy-Merkel, qui s’est donné l’objectif d’imposer à tous les peuples européens l’austérité à vie, avec notamment le Mécanisme Européen de Stabilité. Ce mécanisme Européen de Stabilité que les parlementaires du Front de Gauche, pour leur part, ont combattu sans concession, avec quelques parlementaires socialistes, malheureusement minoritaires, dont nous savons, Marie-Noëlle, que tu fais courageusement partie. Je dis « malheureusement » car si à gauche, on s’y était tous mis, le Mécanisme voulu par Sarkozy et Merkel ne serait pas passé, et le rapport de forces pour la renégociation du traité Merkozy en serait aujourd’hui différent.

Battre Sarkozy en France, c’est casser cette alliance Sarkozy-Merkel, c’est ouvrir une brèche dans cette Europe austéritaire, et c’est pour cela que nous sommes aujourd’hui regardés avec tant d’espoir par nos frères espagnols, grecs, italiens, portugais… à qui nous devons une défaite sans appel de Sarkozy.

C’est le préalable essentiel, indispensable, la première étape incontournable à mettre en œuvre dans notre pays. Car son programme, pour la France et pour l’Europe, est pire que son bilan. Ce qui n’est pas peu dire.

L’enjeu n’est pas mince. Et je dirai même qu’il grandit de jour en jour, quand depuis le soir du premier tour le Président sortant a délibérément fait le choix de faire sauter, une à une, toutes les digues avec l’extrême-droite.

  • Quand il se déchaîne avec une rare violence contre les syndicats, que ce soit contre la CFDT d’ArcelorMittal à Florange ou contre le premier responsable national de la CGT ces derniers jours,

  • quand il invite les syndicats, le 1er mai, à « poser le drapeau rouge » en organisant sa propre manifestation dite « du vrai travail »,

  • quand il s’attaque frontalement au Journal de Jean Jaurès, L’Humanité, pour avoir osé mettre en parallèle ses récentes déclarations avec celles de Pétain en 1941,

  • quand il affirme en paraphrasant Laval que « se faire traiter de fasciste par un communiste est un honneur » (et j’en profite pour demander quel est le communiste qui a traité Sarkozy de fasciste),

  • quand toutes ses déclarations, depuis 10 jours, visent une chose et une seule, faire du pied à l’extrême-droite quitte à entacher une énième fois les valeurs de la République, alors, oui, Monsieur Sarkozy s’inscrit dans la lignée de celles et ceux qui, en 1936, disaient « plutôt Hitler que le Front Populaire » et qui sont tentés aujourd’hui de faire le choix « plutôt le Front National que le Front de Gauche ».

 

Et je peux vous dire que, pour les communistes qui ont tant payé, dans leur Histoire et dans leur chair, le combat contre la droite extrême et contre l’extrême-droite, je peux vous dire que ce second tour prend une signification toute particulière, une signification politique bien sûr et aussi une signification morale.

Et je peux vous dire également que les 15 600 électeurs du Front de Gauche dans la Nièvre, les 4 millions d’électeurs du Front de Gauche au niveau national, qui sont ceux qui vont rendre possible la victoire de la gauche dimanche soir, je peux vous dire que eux ne sont sans doute pas prêts à lâcher le drapeau rouge !

Pour eux, qui ont fait du combat contre l’extrême droite un des axes essentiels de leur campagne depuis des mois (et heureusement qu’ils l’ont fait car ils se sont souvent retrouvés bien seuls dans ce combat, trop seuls et nous appelons l’ensemble des forces de gauche à reprendre le flambeau de la lutte idéologique contre l’extrême-droite), pour eux, ces électeurs du Front de Gauche, c’est une motivation supplémentaire (si besoin en était) de transformer ce second tour non pas en simple défaite pour Nicolas Sarkozy, mais en véritable déroute électorale.

Nous appelons donc les françaises et les français à désavouer cette stratégie électorale d’extrême-droitisation de la droite française, à l’invalider dans les urnes en infligeant à Nicolas Sarkozy la défaite la plus large et la plus cinglante possible. C’est maintenant devenu une question de salubrité publique !

 

Je finirai, à l’instar de la Une de Humanité Dimanche de cette semaine, en invitant chacune et chacun à poser l’acte I de la révolution citoyenne, dimanche soir, en battant Nicolas Sarkozy à plates coutures et à permettre que sur nos écrans, ce soit cette image qui s’affiche dimanche soir à 20 heures !

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