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le 10 juillet 2012

     
     
     

    Vœux de la Fédération du PCF : « Bousculer les scénarios politiques écrits d’avance »

    Plus d’une centaine d’adhérents, de sympathisants, de représentants d’organisations avaient répondu à l’invitation de la Fédération du PCF, pour ses vœux de début d’année, mercredi dernier à la Salle des Eduens (Nevers). Une réception désormais habituelle, permettant de faire un « point » politique dans une période où il y en a bien besoin, et de se retrouver de manière très conviviale autour d’un buffet où les discussions peuvent se prolonger dans la soirée.

     

    Après l’accueil des invités, François DIOT, secrétaire départemental, a notamment déclaré :

     

    « Personne ne regrettera cette année 2015, qui commencé par les attentats de Charlie Hebdo, qui s’est poursuivie par l’installation lente et durable de l’extrême-droite au cœur du paysage politique, et qui s’est terminée, après les sanglants attentats du 13 novembre à Paris, par des « ratonnades », fin décembre, dans les rues d’Ajaccio après le basculement de l’Assemblée de Corse sous la direction d’un tandem nationalo-indépendantiste (…) Ce raccourci illustre la rapidité de l’aggravation du climat politique dans notre pays (…)

     

    Des motifs d’inquiétude

     

    Des motifs d’inquiétude, il y en a légion. Et pourtant, si nous avons choisi sur notre carte de vœux ces paroles de Paul Eluard, c’est justement parce qu’elles nous montrent le seul chemin qui vaille : « ce qu’il faut, c’est y voir clair, et lutter sans défaut ».

     

    Y voir clair, d’abord, quand tant d’écrans de fumée, de faux-semblants, de raccourcis idéologiques cherchent à détourner l’opinion publique des réels problèmes, et des vraies solutions à y apporter. Quand tant de mots sont dévoyés (…)

     

    Ces impostures, nous les combattons sans relâche car c’est une insulte à l’intelligence humaine et aux citoyens de la République Française. Cela demande de la clairvoyance, du discernement, et cela exige de mener une bataille idéologique de haut niveau, alors que tout est fait pour imposer la pensée unique libérale.

     Il faut féliciter les communistes et leurs amis qui ont à nouveau su se mobiliser en 2015 dans le département sur tous les sujets qui animent la vie politique départementale (…)

     

    C’est ainsi que nous concevons le rôle d’une formation politique. A lire, dans la presse locale, les guerres internes que se mènent les dirigeants de la droite nivernaise par conférences de presse interposées, on se dit que décidément nous n’avons pas la même conception de l’action politique (…)

     

    Et pourtant : « et si malgré tous nos efforts, ce que nous visons était vain » ? Voilà la question qui a traversé beaucoup de têtes, à la fin de cette année 2015, devant la tournure prise par les événements et devant le résultat des élections régionales, qui donne un sentiment d’impasse à de nombreux camarades et à de nombreux progressistes dans le pays.

     

     

    Les élections régionales

     

    Cette interrogation est légitime. Mais les efforts consentis ne sont jamais vains. Même si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espoirs, lors de ces élections régionales, 1 200 000 hommes et femmes ont fait le choix de voter pour les listes où nous figurions. 45 000 en Bourgogne Franche Comté ; 5 500 dans la Nièvre, avec le meilleur résultat (et de loin) des 8 départements de la nouvelle Région » (…)

     

    « Il n’y aura, dans la nouvelle région Bourgogne Franche Comté, plus d’élu communiste ou du FDG. C’est grave, c'est un coup très dur pour les intérêts des classes populaires (…) J’en profite pour tordre le cou à une idée qu’on entend parfois, ici ou là : les élus communistes et du FDG ne sont pas des élus « concédés » par nos adversaires ou même par nos partenaires (…) Ce sont des élus dont les positions électives sont gagnées de haute lutte, sont arrachées par des rapports de forces construits dans les mobilisations sociales, construits dans les batailles d'idées.

     

    Avoir des élus ou pas, ce n’est donc pas une question secondaire. C’est au contraire une question qui, face à l'entreprise de reconquête de tous les pouvoirs par la droite et l'extrême-droite, est une question absolument primordiale.

     

    (…) Mais bien au-delà des résultats électoraux, des millions de Français-es refusent de s’incliner devant les régressions libérales. Les communistes restent, pour ces millions de gens, une force fiable, une force solide, une force sérieuse, une force identifiée avec laquelle il faut reconstruire un nouvel espoir.

     

    La bataille Goodyear

     

    C’est armés de cette confiance que nous ferons tout, dès le début de cette année, pour que les 8 de Goodyear soient relaxés » (…) »

     

    Il revient sur le scandale de cette décision de justice.

     

    « Voilà la lutte des classes. Voilà une bataille très symbolique, une bataille que nous devons absolument gagner dans ce début d’année 2016.

     

    L’Etat d’Urgence

     

    Dans le même temps nous ferons tout pour empêcher l’institutionnalisation de l’Etat d’Urgence et la déchéance de nationalité (…)

     

    Il s’attarde sur « l’esprit du 11 janvier », aujourd’hui dévoyé au point que « le Maire de Nevers Denis Thuriot ait cru pouvoir prendre appui sur les attentats de Charlie Hebdo pour justifier l’armement des policiers municipaux et le déploiement de la vidéo-surveillance (…)

     

    Le Président de la République veut aujourd’hui changer la Constitution. Lui qui, depuis le début du mandat, refuse d’y toucher en y intégrant le droit de vote pour les résidents étrangers, préfère aujourd’hui la changer sous la dictée du terrorisme, plutôt que sous la dictée de ses engagements électoraux (…) Les communistes mèneront la bataille d’opinion aux côtés de leurs parlementaires qui s’y opposeront avec la dernière énergie.

     

    Une campagne pour l’Emploi

     

    Nous ferons tout pour défendre l’emploi, qui est la préoccupation n°1 des nivernais-es dont près de 15 000 sont inscrits à Pôle Emploi.

     

    Et défendre l’emploi, ce n’est pas s’attaquer aux droits des salariés ; ce n’est pas casser le Code du Travail ; ce n’est pas considérer que le pays est « trop généreux » avec ses chômeurs (…) »

     

    Il développe les axes d’une grande campagne nationale pour l’emploi que les communistes vont relancer en 2016 : hausse des salaires, plans d’investissements pour moderniser le pays et pour la transition énergétique ; nouvelle réduction du temps de travail hebdomadaire ; interdiction du travail détaché ; réforme de la fiscalité, réduction drastique des dividendes et des recettes financières du capital ; Sécurité d’Emploi Formation ; droits nouveaux aux salariés et à leurs représentants dans la gestion des entreprises (…)

     

    La situation internationale

     

    « Nous ferons tout pour que le petit Aylan ne soit pas oublié (…) C’était il y a moins de 6 mois. Où en sommes-nous, 6 mois après ? Combien de dizaines d’enfants se noient, chaque mois, alors qu’on continue à dresser des murs et des barbelés tout autour de l’Europe, à soupçonner les migrants d’être de potentiels djihadistes, et à s’engager dans des aventures militaires qui alimentent les problèmes que l’on prétend combattre ? (…) nous réaffirmons que la France doit changer de politique (…)

    Il insiste sur le rôle de l’ONU, sur la solidarité avec le peuple kurde et le peuple palestinien.

     

    « Sur tous ces sujets, nous allons nous battre. Mais nous sommes avant tout, aujourd’hui, confrontés à un problème global dans le pays, et à une urgence :

     

    la situation politique,

    et singulièrement la situation à gauche.

    Le paysage politique français est en ruines. Et surtout, il semble aujourd’hui bloqué à l’issue des élections régionales. Et si nous ne faisons rien, si rien ne se passe, il n’a aucune raison de se débloquer tout seul à la veille de la Présidentielle de 2017.

     

    Tout a été fait pour installer cette situation : le Parti Socialiste et la droite ont choisi le Front National comme concurrent politique n°1 et l’ont placé, avec succès, au centre du jeu politique.

     

    Il faut reconnaître qu’ils sont en train de réussir leur coup, où finalement la vie politique française se résumerait en 3 grands pôles : le social-libéralisme à la sauce Valls-Hollande-Macron, la droite de plus en plus dure, qu’elle soit derrière Sarkozy ou derrière Juppé, et l’extrême-droite en arbitre, en épouvantail d’autant plus efficace qu’elle est désormais en position elle aussi de conquérir le pouvoir.

     

    Le piège du tripartisme s’installe,

     

    et il verrouille aujourd’hui encore un peu plus la situation politique que nous avions vu venir »

     

    (Il cite les propos tenus par Pierre Laurent à Nevers, il y a un an en décembre 2014).

     

    « Dans ce scénario, les idées de progrès et la gauche de transformation sociale sont complètement hors-jeu. C’est l’idée-même de gauche qui est aujourd’hui clairement en danger, ou du moins qui risque d’être durablement marginalisée

     

    Cela, nous ne l’accepterons jamais. Et nous ne sommes pas seuls. Il y a en France des millions de gens qui ne s’y résignent pas. Des millions d’électeurs sincères de gauche, qui refusent le sabordage des valeurs qu’ils ont toujours portées. Ils sont majoritaires à gauche, mais c’est aujourd’hui le chemin qui manque, et notamment le chemin de l’unité.

     

    En même temps, après les Régionales, beaucoup peuvent s'inquiéter d'une candidature qui contribuerait à éliminer la gauche au second tour : le PS joue à fond là-dessus et sur la corde élimée du « vote utile », et les institutions de la 5ème République le lui permettent. Le piège est donc redoutable, et il se risque de se refermer dès les prochaines mois.

    Pour déverrouiller le débat,

     

    la question n'est donc pas seulement de construire une candidature à gauche de Hollande, mais de poser une question à toute la gauche : « quelle candidature de gauche en 2017 pour une alternative à l'austérité, pour un projet solidaire, pour battre la droite et l’extrême droite ? ».

     

    C’est ce que fait Pierre Laurent quand il appelle à construire, par un processus populaire et collectif, « une candidature de gauche sur un projet de gauche avec des valeurs de gauche », et évidemment cette candidature ne peut pas être celle de F. Hollande, M. Valls ou un clone de cette politique, parce que la gauche ce n’est pas la Loi Macron, la Casse du Code du Travail ou la Déchéance de Nationalité, et que si la gauche c’est cela, alors la gauche ne sera pas présente à l’élection Présidentielle ! ».

     

    L’idée d’une primaire à gauche ?

     

    Il évoque l’initiative, parue début janvier, d’un appel à l’organisation d’une primaire à gauche, à partir d’un texte « sur des bases de rupture avec les orientations actuelles », qui appelle à ouvrir « un débat de contenu et d'idées exigeants », en refusant « que la menace du FN et le risque terroriste servent de prétexte pour refuser le débat d'idées et de projet à gauche », et à faire de la primaire la possibilité de construire « une candidature à l'élection présidentielle incarnant le projet positif et bienveillant dont la France a besoin pour sortir de l'impasse ».

     

    « Soyons clairs : pour nous, communistes, les primaires ne sont pas dans notre tradition, dans notre culture. Et nous en connaissons les pièges. Ceci dit, c’est toute l’élection Présidentielle qui n’est pas notre culture... ! Les conditions d'une telle primaire, ses contours, ses objectifs restent encore à l’heure actuelle très incertains. Mais en même temps, aujourd'hui, tout est verrouillé et la situation semble bloquée. Alors, allons-nous en rester là ?

     

    C’est pour cela que les communistes, pour leur part, ne ferment aucune porte. Il y a suffisamment de portes fermées à double tour, pour pousser l’une des rares qui s’entrouvrent (…)  Il est d’ailleurs assez  symptomatique que, pour des raisons visiblement diverses, à peine la proposition rendue publique, il se trouve déjà pas mal de monde pour tenter, sans toujours l’assumer ouvertement, de tuer l’initiative dans l’œuf !

     

    Pour notre part, nous sommes prêts à tout discuter. Dans la situation que nous vivons, nous n’écartons a priori aucune hypothèse de processus collectif. Si c’est l’occasion d’ouvrir enfin un grand débat sur le vrai projet de gauche dont notre peuple a besoin, et sur les moyens de le porter au pouvoir en France, alors nous allons nous y engouffrer.

     

    Nous ne partons pas de rien

     

    les communistes ont des éléments à verser au débat. Le texte que nous avons produit il y a plusieurs mois, « La France en Commun », est une contribution des communistes au débat pour élaborer le projet de société « mobilisateur et bienveillant » qu’évoquent les initiateurs de l’appel à une primaire. Discutons-en, mettons-le en débat dans toute la gauche, et avec toutes celles et ceux qui acceptent d’en parler !

     

    Nous le disons à tous : à nos amis du Front de Gauche, pour que nous fassions mieux qu'en 2012. aux socialistes, pour beaucoup sincères mais qui aujourd’hui tétanisés face à la catastrophe politique dans laquelle les entraîne l’exécutif, et qui ne veulent pas d'une présidentielle qui ressemble à la Régionale de PACA ou du Nord-Picardie ; aux écologistes, aux syndicalistes, aux responsables associatifs : l'heure est grave. La gauche sociale et politique ne peut rester l'arme au pied face au désastre.

     

    Nous ne pouvons pas savoir, aujourd’hui, où tout cela atterrira. Cela ne dépend pas que de nous, et chacune et chacun à gauche est placé devant ses responsabilités. Mais cela dépend aussi de nous.

     

    Le Parti Communiste Français

     

    Je termine sur le PCF. Toujours, les communistes ont su être présents aux rendez-vous déterminants de l’Histoire de notre pays. Dans ce moment intense de recomposition politique, le Parti Communiste est toujours là, c’est un atout irremplaçable, car ce sera une pièce maîtresse dans les bouleversements politiques que connaîtra notre pays dans les mois et les années qui viennent. 

     

    Et la bonne nouvelle, c’est que malgré ses revers électoraux, le PCF se renforce aujourd’hui de nouveaux adhérents ; près de 750 dans la Nièvre, avec l’année dernière plusieurs dizaines d’adhésions nouvelles, de jeunes, de salariés, de têtes bien faites, qui adhèrent parfois après plusieurs années de « compagnonnage » et de travail en commun.

     

    Ils vont venir épauler, et rajeunir nos directions lors de nos Congrès de Section et de notre Congrès fédéral qui se tiendront dans le courant du mois de mai. Ils incarneront un parti vivant, qui évolue et qui se transforme, et surtout qui est en prise directe avec la société dans laquelle nous vivons.

     

    Cela nous honore, et cela nous oblige ».

     

    Il remercie à cette occasion Jean-Paul Pinaud, dont le bilan à la Région « sera encore longtemps envié par de nombreux vice-présidents aux Transports », et qui a assumé la difficile charge de mandataire de la liste aux Régionales et de mandataire financier sur les 8 départements.

     

    Renforcer le PCF

     

    (…) Ce dévouement, cette intelligence collective, c’est cela qui fait le Parti Communiste Français. Et rien d’autre. Oui, on peut être fiers d’être au Parti Communiste Français . A ceux qui veulent nous rejoindre, qui ne l’ont pas encore fait, ou qui hésitent encore, nous leur disons : c'est sans doute le moment » (…)

     

    Il évoque également « la bataille financière, une bataille politique à part entière et qui est aujourd’hui une question existentielle pour notre Fédération (…) Pour nombre de gens, le Parti Communiste est dans le paysage, on le voit dans toutes les élections et toutes les mobilisations sociales, il fait partie intégrante de la vie politique. Mais faire vivre nos idées et notre Parti, c’est une lutte de tous les instants, et le meilleur moyen d’assurer sa pérennité c’est de participer à le faire vivre ! »

     

     

     

     

     

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