Mesdames, Messieurs,
Cher.ères ami-es et camarades,
Louis Fouchère était cheminot, ouvrier métallurgiste, responsable syndical à la CGT et secrétaire du syndicat des ateliers de Varennes-Vauzelles. Il était également dirigeant du Parti Communiste clandestin, chargé notamment de la diffusion de l’Emancipateur, l’ancêtre des Nouvelles de la Nièvre qui en sont aujourd’hui à leur 2088ème numéro.
Louis Fouchère n’avait aucune vocation à devenir un héros. C’était un ouvrier épris de justice sociale, et conscient du rôle que tout un chacun doit jouer aux côtés de ses semblables, et dans l’avenir d’une société à construire en commun.
S’il était considéré comme un « homme dangereux », c’est justement parce qu’il était vecteur d’idées de nature à renverser l’ordre politique établi aux antipodes des idées de l’extrême-droite, du gouvernement de Vichy et de l’occupant nazi.
Son exécution fut décidée par l’occupant, et utilisée comme un véritable symbole. Celui d’un coup porté aux forces les plus conscientes, les plus organisées, les plus déterminées à résister à l’occupation nazie : la CGT et le Parti Communiste Français, deux organisations interdites depuis 1939 mais dont l’activité se poursuivait dans la clandestinité.
Les forces d’occupation allemandes et leurs complices français souhaitaient par ces exécutions, empêcher que se développe la résistance et tuer tout espoir. Ils voulaient dominer par la peur. On le sait, c’est le contraire qui advint. Car ce sacrifice de nos camarades face à leurs bourreaux, a finalement donné du courage et de la force à la Résistance.
L’histoire n’est pas là pour servir une idéologie. L’histoire et sa connaissance nous éclaire sur le monde et l’actualité.
Aujourd’hui, 84 ans après, nous voyons l’extrême-droite progresser dans de nombreux pays d’Europe et du monde, dans un contexte d’économie de guerre, de crise économique, de crise sociale, de crise énergétique, de crise écologique, de crise démocratique…
Notre assemblée nationale compte aujourd’hui 138 députés d’extrême-droite dont 122 du Rassemblement National. Ce parti qui a été fondé par des anciens Waffen SS et collabo du régime de Vichy.
Qu’ils le veuillent ou non ils sont les héritiers politiques de ceux qui ont désigné les otages, qui ont arrêtés les juifs, qui ont fait honte à la France.
Même s’ils trouvent aujourd’hui d’autres bouc-émissaires les maghrébins, les africains, leur discours est le même. La préférence nationale qu’ils brandissent comme unique solution à nos problèmes, ce n’est ni plus ni moins que les prémices de lois raciales. Le visage rassurant qu’ils veulent donner à voir, cache fort mal leur racisme et leur violence anti-sociale.
Une partie non négligeable du patronat les a reconnus comme des partenaires. Le Président du MEDEF a fait applaudir Monsieur Bardella, le milliardaire Sterin finance leurs campagnes électorales enfin le groupe Bolloré et son groupe de presse déverse jour après jour une idéologie nauséabonde.
Observons comment l’histoire peut être travestie et utilisée par les courants fascisants qui se propagent dans l’univers politique de notre pays. Eux qui souvent réécrivent l’Histoire en inversant les rôles, où ce sont les Résistants d’hier qui deviennent les ennemis d’aujourd’hui, où ce sont les antisémites d’hier qui deviennent les défenseurs des juifs aujourd’hui !
Pour combattre ces idéologies d’extrême droite, il nous faut veiller à ce que l’histoire de ces femmes et de ces hommes qui sont morts pour la liberté ne soit pas salie et mis dans l’oubli. Nous ne devons pas effacer de nos mémoires ce que fut le sacrifice de Louis Fouchère et de tous les camarades comme Camille Baynac ou Roland Champenier.
Il nous faut poursuivre sans relâche ce combat contre ces idéaux nauséabonds aux relents racistes, xénophobes, sexistes, homophobes, antisyndicaux et anticommunistes. Nous devons démasquer par l’Histoire et par le présent ces partis d’extrême-droite qui s’opposent au progrès social et ne servent que le capital comme ils l’ont fait dans l’histoire.
En même temps que de dénoncer la supercherie du RN, il nous faut proposer des perspectives positives, en défendant les conquêtes sociales faites au prix du sang et de la sueur. Il nous faut
- défendre notre modèle sociale, notamment notre sécurité sociale mise en place par le ministre du travail communiste Ambroise Croizat avec l’appui des organisations de la CGT qui est tant attaquée depuis sa fondation en 1945 et qui continue de l’être
- défendre notre système de retraite par répartition, basé sur la solidarité entre toutes les générations et financé par la force de notre travail, face à une réforme Macron toujours contesté et qui reste au cœur des débats
- défendre les services publics qui répondent de manière solidaire aux besoins de toutes et tous et qui sont rognés jours après jours sous prétexte de devoir faire des économies au profit d’une économie de guerre.
- Défendre les principaux piliers qui ont été la base de la société que les résistantes et résistants ont voulu mettre en place pour construire un mode meilleur pour les générations qui suivraient à travers le programme du Conseil National de la Résistance.
Défendre des conquêtes gagnées et se battre pour de nouvelles conquêtes, c’est une des boussoles qui guident les communistes dans leurs engagements.
Nous serons toujours là pour tracer des nouvelles perspectives, mettre en débat d’autres propositions, d’autres projets de loi, d’autres choix de société pour répondre aux besoins de la France et du monde du 21ème siècle.
Il est urgent de retrouver le chemin de la paix en Ukraine, en Palestine notamment et à travers le monde entier.
Nous savons le combat difficile dans un contexte international où la diplomatie est affaiblie, où aucun État ne veut reculer dans l’optique de trouver une nouvelle place, où les institutions multilatérales comme l’ONU sont affaiblies, où le droit international est bafoué, où l’impérialisme étatsunien lance ses attaques.
Nous sommes dans une réalité qui n’est pas forcément encourageante. Mais les camarades résistants ont su nous montrer que même sur les chemins les plus sombres, nous pouvons retrouver la lumière.
« Éclaircir le ciel obscur pour construire des jours plus heureux » Voilà ce qui résume à la fois la vie de Louis Fouchère, et le combat que nous poursuivons aujourd’hui. Vous pouvez compter sur les communistes, aujourd’hui comme hier, pour être au rendez-vous de l’Histoire.

