A l’appel du collectif solidarité Kanaky de la Nièvre, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant la prison de Nevers le 27 février dernier pour apporter leur soutien au prisonnier kanak, Erwan Waetheane, soupçonné d’être à l’origine des émeutes qui ont soulevé la Nouvelle-Calédonie en mai 2024.
Cette mobilisation faisait suite à la visite de la prison de Nevers du député communiste (NFP) du Cher, Nicolas Sansu . Venu visiter la maison d’arrêt comme le droit le lui permet en tant que parlementaire, il souhaitait avoir un échange avec Erwan. Malheureusement, cela n’a pas été possible pour lui de s’entretenir quelques minutes avec lui. Le directeur de la prison invoque que c’est sous ordre de la Chancellerie qu’à présent, pour échanger avec les différents prisonniers kanak déportés en France, il est nécessaire de faire officiellement une demande auprès du juge pour un droit de visite. Ce prétexte a surpris tout le monde. Néanmoins, Nicolas Sansu a pris la parole à l’issue de sa visite car il connait très bien le sujet puisqu’il s’est déjà mobilisé à Bourges auprès d’un autre prisonnier kanak. Il a rappelé les raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés là aujourd’hui, mettant en cause le gouvernement : « Si nous en sommes là, c’est qu’il y a eu une tentative du gouvernement et des loyalistes d’imposer la fin des accords de Nouméa et des accords de Matignon, avec pour objectif que le peuple kanak (le peuple premier), ne puisse légitimement accéder à l’indépendance et l’autonomie». Comme pour le collectif, il exige qu’Erwan puisse être assigné à résidence au lieu d’être détenu à la maison d’arrêt, « en étant à 17000km de chez lui, il ne va pas se sauver et peut très bien vivre auprès de sa compagne en attendant son procès. »
Le collectif « Solidarité Kanaky ne compte pas baisser sa garde. Bien au contraire, il va poursuivre sa mobilisation pour exiger la remise en liberté d’Erwan. L’ensemble des forces de ce collectif vont réfléchir à la suite à donner comme l’a confirmé Sabine Enders, une des porte-parole du Collectif « Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras. Erwan est juste un militant qui continue à lutter pour l’autodétermination. Il doit voir qu’il y a un soutien moral et politique à l’extérieur de la prison ». Composé de huit associations et partis politiques (ATTAC, Libre Pensée, Écologistes, LFI, Mouvement de la Paix, NPA, PCF et POI), toutes les personnes intéressées à cette cause peuvent rejoindre ce collectif en contactant la fédération de la Nièvre du PCF.